Pierre Musitelli

, par Pierre Musitelli

 

Maître de conférences en littérature italienne

Directeur des études du Département Littérature et Langages

Réception sur rendez-vous.
Département Littératures et langage, bureau 25 (esc. A, 1
er étage).
Courriel : pierre.musitelli@ens.psl.eu

 

Membre de l’Institut universitaire de France (2021-2026)

 

Membre de l’Institut des Textes et Manuscrits Modernes (ITEM, CNRS/ENS), équipe « Écritures des Lumières » ; membre du comité éditorial de la collection Oxford University Studies in the Enlightenment (Voltaire Foundation) ; membre du comité de rédaction de la revue Laboratoire italien (Lyon, ENS Éditions) ; membre du CA de la Société française d’études du XVIIIe siècle (SFEDS) ; membre du programme Enquête sur la globalisation des Lumières de l’Institut de Recherche sur la Renaissance, l’Age Classique et les Lumières (IRCL, UMR 5186 CNRS, Université Montpellier 3).


Domaines de recherche : Circulation et patrimonialisation des manuscrits italiens (XIVe-XIXe siècles) — Littérature et histoire italiennes des XVIIIe et XIXe siècles, de l’Arcadie au Néoclassicisme et au Romantisme —Réseaux de correspondances et de sociabilité lettrée dans l’Italie éclairée. — Histoire et réforme du droit pénal dans l’Italie des Lumières (Verri, Beccaria). — L’héritage de la “Question de la langue” et ses débats au Settecento. — Le problème du roman et la constitution du canon littéraire italien.


 

Enseignements 2021-2022

 

 

Le roman italien dans l’Europe des Lumières. Vie et occultation d’un genre
Pierre Musitelli
S1, mardi, 11h-13h, hebdomadaire, salle d’Histoire (escalier D, 2e étage). 
6 ECTS (validation par remise d’un commentaire de texte ou un mini-mémoire sur un sujet lié à la thématique du cours).
Premier cours le mardi 21 septembre 2021.

 

IMG/jpg/2021_-_roman_settecento3.jpgC’est au milieu des années 1980, puis surtout à partir du début des années 2000, que les historiens de la littérature ont exhumé le cas du roman italien du XVIIIe s., un genre pratiquement oublié après avoir fait l’objet de critiques féroces. Les quelques rééditions critiques de roman settecenteschi qui ont vu le jour depuis lors ne donnent qu’une idée très partielle de ce patrimoine littéraire. C’est tout un pan de la culture littéraire italienne qui a été victime d’un étrange “refoulement” : romans et romanciers du XVIIIe siècle se sont trouvé rejetés dans « un espace de la négativité » (Madrignani, 2000), aux marges du canon, au bas de la hiérarchie esthétique. Après tout, n’a-t-on pas longtemps affirmé que le XVIIIe siècle italien était un siècle « sans littérature », dominé par la prose des réformateurs (journalistes, économistes, juristes, historiographes) ou par les seuls genres théâtraux (le mélodrame avec Metastasio, la comédie avec Goldoni, la tragédie avec Alfieri) ?
Pourtant, la question du roman est éclairante pour comprendre les dynamiques éditoriales et commerciales qui sous-tendent l’évolution des genres et des pratiques d’écriture en relation avec l’émergence d’un nouveau lectorat dans la Péninsule et plus largement en Europe au siècle des Lumières. C’est une question essentielle, aussi, pour cerner les stratégies d’anonymat et de reconnaissance dans la République des lettres, pour comprendre la façon dont s’articulent les rapports entre haute et basse culture, les hiérarchies intellectuelles et sociales dans le métier des lettres. C’est une question cruciale, enfin, pour comprendre comment la constitution du canon littéraire a pu se faire en Italie au prix de certaines exclusions.
Romans d’aventures, de mœurs, voyages fantastiques - dont il n’est bien sûr pas attendu que vous les connaissiez préalablement ! -, ce cours donnera lieu à l’exploration et à l’analyse d’un corpus varié, loin des sentiers du classicisme. Cours en français.

 

 

 

La figure et la voix du condamné dans la littérature italienne (16e-19e siècles)
Pierre Musitelli
S2, mardi, 11h-13h, hebdomadaire, salle Celan, cours hebdomadaire.
6 ECTS (validation par remise d’un commentaire de texte ou un mini-mémoire sur un sujet lié à la thématique du cours).
Premier cours le mardi 18 janvier 2022.

 

IMG/jpg/2021_-_voix_du_condamne_3.jpgIl existe « une ancienne tradition qui fut systématiquement écartée et méconnue », écrit Foucault : la « pensée de l’infraction intrinsèque à l’infraction elle-même » (Dits et écrits, II). L’objet de ce cours sera justement de s’intéresser aux voix de celles et ceux qui n’ont pas eu droit de cité dans la littérature italienne de l’Ancien Régime jusqu’au lendemain de la Révolution, ou si peu : condamnés, prisonniers, réprouvés. C’est au siècle des Lumières que cette parole semble éclater au grand jour, lorsque Beccaria, dans son plaidoyer contre la peine de mort (Des délits et des peines, 1764), fait tenir à « un voleur ou un assassin » des propos cinglants contre l’injustice de la société qui l’a poussé au crime.
Pourtant, les propos de ce « scélérat », qui avaient scandalisé les censeurs, n’inaugurent pas en littérature la voix du condamné. Il existe 
en Italie une production poétique et narrative bien plus ancienne, quoique peu étudiée, une production florissante qui reflète l’appétit du public de l’Ancien Régime pour les histoires d’échafaud : lamentations poétiques, histoires romanesques, témoignages recueillis, littérature d’exempla... L’écrit fixe une mémoire, une leçon, une exemplarité macabre dont se servent les congrégations religieuses et le pouvoir politique pour légitimer le rite judiciaire de l’exécution publique. Mais il conviendra d’étudier la façon dont cette mémoire écrite évolue dans le temps, façonnant une certaine idée de la réalité pénale qui fut inspiratrice et matrice d’un nouvel humanisme juridique et pénal entre les 17e et 18e siècles, avant de déboucher dans la seconde moitié du siècle des Lumières sur l’émergence de la littérature de procés (pensons à Voltaire) et sur les plaidoyers abolitionnistes dont l’écho se prolongera au 19e siècle tant en littérature (Manzoni) que dans les Constitutions et Codes pénaux de l’Occident.

Nous parcourrons donc des textes de nature, provenance, genre, style et support variés, pour comprendre comment, au fil de siècle, la figure du condamné a trouvé sa « voix », à partir de quelles sources, et comment elle fait son entrée en littérature. Il s’agira ensuite de se demander si ce type production écrite épouse la seule perspective de l’autorité ou s’il s’y trouve un semblant de réflexion critique sur le droit de punir et sur ses modalités. L’enjeu de ce cheminement sera de mieux cerner le moment de rupture où se constitue la figure condamné comme personne juridique, dotée de droits, mais aussi d’une conscience et d’une autonomie de réflexion sur son propre destin.

 

 

 

 

Autres cours d’italien

 

 

Version italienne contemporaine
Marguerite Bordry - S1
Lundi, 14h-16h, par quinzaine, salle Info 5.
Dates des 9 séances : 27/09, 11/10, 25/10, 15/11, 29/11, 13/12, 10/01, 24/01, 7/02.

Ce cours de traduction de l’italien vers le français, ouvert aux non spécialistes, portera sur des œuvres issues de la littérature italienne contemporaine. Des textes présentant des difficultés lexicales, syntaxiques et grammaticales différentes seront traduits en cours. Outre un entraînement régulier à la pratique de la traduction, à ses pièges et à ses difficultés, ce cours offrira un panorama de la littérature italienne contemporaine et de ses grandes tendances.

 

 

Atelier de traduction littéraire (de l’italien vers le français)
Olivier Chiquet - S2
Jeudi, 18h-20h, salle Celan, cours hebdomadaire.

 


 

 

Travaux et publications

Ouvrages

C. Del Vento et P. Musitelli (dir.), Une tradition italienne, numéro thématique de Genesis. Revue internationale de critique génétique, n° 49, Paris, Sorbonne Université Presses, 2019.

La Diplomatie des lettres au dix-huitième siècle : France et Italie / La Diplomazia delle lettere nel secolo diciottesimo : Francia e Italia, numéro thématique de Chroniques italiennes, dir. C. Del Vento, P. Musitelli, S. Tatti et D. Tongiorgi, 37 (1-2/2019), 318 p., en ligne.

Le Flambeau et les ombres. Alessandro Verri des Lumières à la Restauration (1741-1816), Rome, Collection de l’École française de Rome, vol. 512, 2016.

Le bonheur du plus grand nombre. Beccaria et les Lumières, dir. P. Audegean, C. Del Vento, P. Musitelli, X. Tabet, Lyon, ENS Éditions, 2017.

« Risorgimento delle lettere » : l’invention d’un paradigme ?, dir. A. Gendrat-Claudel, S. Lanfranchi, P. Musitelli, V. Perdichizzi, Laboratoire italien, n° 13, Lyon, ENS Éditions, 2013.

 

Contributions à des ouvrages collectifs

Histoire des traductions en langue française XVIIe-XVIIIe siècles (1610-1815), Y. Chevrel et al. (dir.), Paris, Verdier, 2014.
 

Articles récents

« Verri Alessandro », Dizionario biografico degli Italiani, vol. 99, Roma, Istituto della Enciclopedia italiana, 2020, p. 4-8.

« Venuti Filippo », Dizionario biografico degli Italiani, vol. 98, Roma, Istituto della Enciclopedia italiana, 2020, p. 665-667.

« De la correspondance au réseau : déchiffrer, éditer, reconstituer. Le cas des lettres de Pietro et Alessandro Verri », in Maria Pia Donato (dir.), Lettere, corrispondenze, reti epistolari. Tradizioni editoriali, temi di ricerca, questioni aperte, numéro thématique des Mélanges de l’École française de Rome – Italie et Méditerranée modernes et contemporaines (MEFRIM), 2|2020.

« Langue, dramaturgie et lectures politiques des opéras de Verdi (1842-1849) », P.R.I.S.M.I., new series 1|2020, p. 52-65 (en ligne).

« L’ostensible et le secret : usages diplomatiques des correspondances de Pietro et Alessandro Verri », dans C. Del Vento, P. Musitelli, S. Tatti et D. Tongiorgi (dir.), La Diplomatie des lettres au dix-huitième siècle : France et Italie, numéro thématique de Chroniques italiennes, 37 (1-2/2019), p. 229-250, en ligne.

«  La tradition italienne des manuscrits d’auteur : un patrimoine préservé et une culture littéraire  », présentation du volume C. Del Vento et P. Musitelli (dir.), Une tradition italienne, numéro thématique de Genesis, n° 49, Paris, Sorbonne Université Presses, 2019, p. 7-12.

« Genèses littéraires dans la correspondance des frères Verri », dans C. Del Vento et P. Musitelli (dir.), Une tradition italienne, numéro thématique de Genesis, n° 49, Paris, Sorbonne Université Presses, 2019, p. 87-100.

« Beccaria, Gramsci et les “textes en mouvement” : le regard d’un éditeur. Entretien avec Gianni Francioni », dans C. Del Vento et P. Musitelli (dir.), Une tradition italienne, numéro thématique de Genesis, n° 49, Paris, Sorbonne Université Presses, 2019, p. 113-122.

« Hasard et fortune dans les nouvelles de la Renaissance », dans Herméneutique et commentaire, dossier thématique de la revue d’études italiennes P.R.I.S.M.I. n° 16, coordonné par P. Gasparini et E. Zunino, Editions Chemins de tr@verse, 2019, p. 373-389. ISBN 978.2.313.00592-7.

« Un néoclassicisme de l’ombre : les nocturnes d’Alessandro Verri », dans Lettere italiane, Florence, Olschki, 2018, p. 504-533.

« Le chiffre comme unique refuge : la correspondance sous surveillance de Pietro et Alessandro Verri », dans Avec ou sans enveloppe. La lettre et le secret, numéro thématique de Épistolaire, n° 44, Libraire Honoré Champion, 2018, p. 85-96.

« Défendre et protéger les prisonniers à Milan au temps de Beccaria : l’expérience d’Alessandro Verri », dans Le bonheur du plus grand nombre. Beccaria et les Lumières, sous la direction de P. Audegean, C. Del Vento, P. Musitelli, X. Tabet, Lyon, ENS Éditions, 2017, p. 79-93.

« “In questa bellissima patria de’ Scipioni si sta sempre temendo di morire di fame” : una lettura critica del governo pontificio nelle lettere di Alessandro Verri dal 1767 al 1816 », dans Dimensioni e problemi della ricerca storica, Rome, Carocci, 2016.

 

Traductions

Franco Moretti, Le roman de formation, traduit en collaboration avec Camille Bloomfield, Paris, CNRS Éditions, 2019.

Carlo Ossola, Fables d’identité. Retrouver l’Europe, Paris, PUF, 2018, 298 p.

Carlo Ossola, Introduction à la Divine comédie, nouvelle édition augmentée et révisée (traduit en collaboration avec Nadine Le Lirzin), Paris, Éditions du Félin, 2016.

Filippo Tommaso Marinetti, Contre Venise passéiste et autres textes, Paris, Payot & Rivages, 2015.

 

Diffusion du savoir

« The ‘Beccaria moment’ : revisiting the origins of the modern penal system » (trad. par N. Cronk), parution en ligne, Liverpool University Press Blog et Voltaire Foundation Blog, Oxford, 2018.

« Never the twain shall meet : the Correspondence of Pietro and Alessandro Verri (1766-1797) », parution en ligne, Voltaire Foundation’s blog, University of Oxford, 2016.

« The Correspondence of the Verri Brothers (1766-1797) and Newly Edited Online Resources on the Italian Enlightenment », parution en ligne, Enlightenment Correspondences, TORCH Network, University of Oxford, 2016.

« Venuti, Filippo », dans Dictionnaire Montesquieu, C. Volpilhac-Auger (dir.), ENS de Lyon, 2013.

 

 

Portfolio