Séminaires d’élèves 2023-2024

, par Stephane Paties-Gorizza

S1 2023-2024

Ouvrières et écriture au XIXe siècle : pratiques, représentations, marginalité

Sue-Ann Malitte et Périne Courtot

Dans ce séminaire, nous proposons d’ouvrir une réflexion autour des rapports complexes qu’entretiennent les travailleuses avec l’écriture au XIXsiècle. En effet, romantiques et naturalistes investissent à cette époque la littérature d’une mission politique et sociale, faisant montre tantôt d’un paternalisme écrasant, tantôt d’un intérêt sincère pour la cause ouvrière. Grand moment de l’alphabétisation, cette période voit également se développer, d’une part, une littérature à destination d’un public ouvrier désormais capable d’en profiter, et, d’autre part, une littérature produite par ce même public, dans la continuité d’une tradition orale antérieure, dont l’héritage se répartit inégalement entre les sexes. De ces bouleversements les travailleuses ne sont pas absentes, puisqu’elles aussi lisent et parfois écrivent. Cependant, elles peinent à trouver leur place à l’intersection de deux groupes largement dominés par la présence et le discours masculins : le monde ouvrier et le monde littéraire.

Comment est-on femme et travailleuse dans le monde littéraire au XIXsiècle ?

Nous examinerons quelles formes de pratiques, de représentations et de marginalités une telle question met en jeu, et nous demanderons avec Michelle Perrot : « Femmes emmurées, comment vous rejoindre ? ».

Les jeudis 28/09, 12/10, 26/10, 09/11, 23/11, 07/12
De 18h30 à 20h30 en salle IHMC (département Histoire, 3ème étage) sauf les 12 et 26/10 en salle Résistants

Instagram : @seminaire.ouvrieres
perine.courtot@ens.psl.eu
sue-ann.malitte@ens.psl.eu

Programme des séances
– Être ouvrière et femme en littérature au XIXe siècle : une identité faite de contradictions

II – Travailleuses et écriture en politique au XIXsiècle
III – Le romantisme, le peuple et les femmes
IV – (Auto)-Représentation(s)
V – Itinéraires d’écriture de deux travailleuses, l’une fictive et l’autre réelle VI – Conclusion / ouverture

 

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Anonyme, G. Charpentier, cours de chant de l’œuvre de Mimi Pinson,cours gratuits pour jeunes ouvrières, vers 1900
© Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Alexis Brandt

 

Pans de Proust

Gabrielle Génin, Louise Lavaud, Guy Jacoby

Ce séminaire s’inscrit dans une volonté de valorisation des expériences personnelles de lecture d’À la recherche du temps perdu. Ouvert à toutes et tous, il se donne pour but d’ouvrir un dialogue horizontal, foisonnant et convivial, en invitant des proustien.nes (professionnel.les ou amateur.ices, chercheur.euses ou artistes) à parler d’un “pan” du roman – une scène, une image, un personnage secondaire – qui les a interpellés, émus, bouleversés. À partir de ces “pans” vécus, à l’image du “petit pan de mur jaune” qui marque la scène de la mort de Bergotte dans La Prisonnière, il s’agira aussi d’explorer de manière théorique l’expérience même du pan et la possibilité, pour reprendre l’expression de Daniel Arasse, d’une “lecture rapprochée”. On mettra ainsi de côté la trop raisonnable distance qu’impose la monumentalité du roman-cathédrale, au profit des trouvailles permises par une lecture plus intime de l’œuvre.

Le séminaire se tiendra le dernier mercredi de chaque mois.

Programme des séances du premier semestre :

Programme des séances du premier semestre :

- le mercredi 27 septembre 2023, de 18h30 à 20h30 en salle Celan, Laure Murat (UCLA) et Christophe Pradeau (Sorbonne)

- le mercredi 25 octobre 2023, à 19h à 20h30 en salle des Actes, Nathalie Azoulai (écrivaine) et Marcel Cohen (écrivain)

- le mercredi 29 novembre 2023, de 18h30 à 20h30 en salle Cavaillès, Nathalie Mauriac-Dyer (CNRS/ENS) et Gabrielle Génin (ENS)

Programme des séances du second semestre :

- le mercredi 31 janvier 2024, de 18h30 à 20h en salle des Actes, Anne Simon (ENS) et Jeanne Jacob (Sorbonne)

- le mercredi 28 février 2024, de 19h à 20h30 en salle des Actes, Matthieu Vernet (Sorbonne) et Yangjie Zhao (ENS)

- le mercredi 3 avril 2024, de 18h30 à 20h en salle Beckett, Guy Jacoby (ENS) et Tiphaine Samoyault (EHESS)

- le vendredi 26 avril 2024, de 20h à 22h en salle Dussane, Arthur Dreyfus (écrivain et cinéaste) - projection-débat des Madeleines

 

Poésie et mathématiques : le fond et la forme

Léo Buisine, Mathilde Gabory

 La poésie et les mathématiques sont deux domaines à première approche disjoints. Et pourtant, les liens les regroupant sont indénombrables, dans leur forme comme dans leur fond. Les contraintes poétiques puisent leurs sources dans les mathématiques, de la rythmique et la versification aux contraintes oulipiennes. Les mathématiques sont un art au sens de Bergson, en ce qu’elles nous montrent “des choses qui ne frappaient pas explicitement nos sens et notre conscience”. Elles proposent également un langage enrichi et nouveau pour la poésie, en venant interroger ses limites et ses possibilités.

Dans ce séminaire, l’existence de liens plus forts sera interrogée et peut-être démontrée. L’espoir d’un isomorphisme, dans son sens le plus mathématique d’équivalence structurelle, sera mis à l’épreuve par les différentes interventions de littéraires comme de mathématiciens, pour une approche transversale de ces problématiques.

Les mercredis de 18h à 20h, le 18/10 en salle Cavaillès (fin à 20h30), le 25/10 en salle Cavaillès, le 15/11 en salle Cavaillès, le 22/11 en amphithéâtre Dussane, le 6/12 en salle Histoire, le 13/12 en salle Histoire et le 20/12 en amphithéâtre Dussane.

contact : mathematiques-poesie@ens.psl.eu
site : http://www.mathematiques-poesie.ens.fr/

 

Séminaire "Y a-t-il une littérature française de l’imaginaire ?"

Mélanie STURMEL et Raphaël TACCOEN

En plongeant au cœur de l’histoire de la science-fiction et de la fantasy françaises, ce séminaire sera l’occasion d’étudier les évolutions de cette littérature et son rapport au domaine académique : longtemps rejetée, la littérature de l’imaginaire est désormais un objet d’études à part entière.
Ce séminaire mettra en avant les spécificités de la science-fiction et de la fantasy françaises au travers d’approches stylistiques, historiques et théoriques, sans mettre de côté les rapports qui existent entre la littérature française de l’imaginaire et celles d’autres pays (en particulier les Etats-Unis), avec une approche comparatiste ou traductologique.
L’ambition de ce séminaire est de faire un état de la littérature de l’imaginaire en France : de quel imaginaire parle-t-on, quelle a été son histoire, peut-on parler d’une “littérature” au sens institutionnel du terme ?
Ce séminaire se tiendra le vendredi de 18h à 20h en salle CELAN (45 rue d’Ulm). Il est ouvert à tous et toutes sans inscription.

Programme des séances
-26 janvier : Fleur Hopkins (CNRS/THALIM), « Le merveilleux scientifique comme Atlantide (1909-1939) ».
-2 février : Natacha Vas-Deyres (Université Bordeaux Montaigne), « La science-fiction française : soubassement utopique, engagement politique et hybridité générique ».
-8 mars : Simon Bréan (Université Sorbonne Université), « Evolution historique du macro-texte de la science-fiction française et valeur heuristique des paradigmes dominants ».
-29 mars : Marie-Lucie Bougon (Université Paris Nanterre), « Introduction et histoire éditoriale de la fantasy en France, réception par la critique et les publics ».
-5 avril : Alice Ray (Université d’Orléans), « Traduire l’imaginaire science-fictionnel : étrangéification, termes-fictions et mégatexte ».
-26 avril : Aurélie Huz (Université Paris Nanterre), programme à venir.
-24 mai : Irène Langlet, (Université Gustave Eiffel) « Une approche comparatiste de la science-fiction ».

Lien vers la présentation Fabula : https://www.fabula.org/actualites/118486/seminaire-ens-paris-y-a-t-il-une-litterature-francaise-de-l-imaginaire.html