Second semestre 2021-2022

, par Pierre Musitelli

 

 

 

 

Grands textes littéraires
Cours conseillé aux normaliens de 1ère année.

Attention : ce cours ne peut pas être validé dans le cadre du Master Humanités parcours Littératures, théorie, histoire

Cours collectif. Référent : Thomas Conrad
Lundi 14h00/16h00, salle CELAN. Premier cours le lundi 20/09/2021
6 ECTS. Validation par assiduité.
Chaque semestre, quatre grands textes de la littérature mondiale, étudiés par les enseignants-chercheurs du département de Littératures. Qu’est-ce qui fait la valeur et la singularité de ces œuvres ? Pourquoi certaines d’entre elles sont-elles devenues des « classiques » ? Comment retrouver une véritable lecture de ces œuvres, si souvent citées mais si souvent mal connues ?
17/01, 24/01, 31/01 : The Making of Americans, de Gertrude Stein (sections 1 et 2), par Hélène Aji
7/02, 14/02, 7/03 : Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire, par Dominique Combe
14/03, 21/03, 28/03 : L’Étranger d’Albert Camus, par Anne-Marie Paillet
4/04, 11/04, 18/04 : Tarass Boulba de Nikolaï Gogol, par Olivier Azam.

 

“Make it new !” Traduire la poésie (textes, histoires, théories)
Cours collectif du département. Référents : Roland Béhar, Nathalie Koble
Jeudi 14h00/16h00 ; salle U205 (29 rue d’Ulm) ; 1ère séance le 20/01/2022
6 ECTS. Validation : participation à une anthologie critique collective de textes théoriques et critiques sur la traduction de la poésie, publiée sur le site de Translitterae.
En lien avec les ateliers de traductions littéraires assurés dans les départements littéraires de l’ENS, ce séminaire collectif propose une réflexion d’ensemble sur l’histoire, les théories et les pratiques de la traduction poétique en Europe et dans le monde. Chaque séance est dévouée à un corpus théorique et textuel spécifique, introduit et commenté par un spécialiste, seul ou en tandem.
Le séminaire sera prolongé par des partenariats avec des Institutions extérieures : le Centre international de Traduction littéraire, les associations Atlas, Poemata, le collectif Double Change, le Marché de la poésie. Des invitations de poètes, de traducteurs et de traductrices viendront ainsi s’adosser au séminaire hebdomadaire sous diverses formes (lectures, conférences, résidences, ateliers).
Chaque année en mai, un atelier de traduction poétique d’une semaine, en partenariat avec Translitterae et Atlas au CITL d’Arles, est proposé à 10 participants, autour d’un poète de langue étrangère.

 

Poésie américaine II. Pacifismes, militances et anarchies
Hélène Aji
Jeudi 13h30-15h30 ; salle CELAN ; 1ère séance le 20 janvier 2022.
6 ECTS.

La deuxième moitié du 20e siècle et le début du 21e siècle voient la remise en question du poétique après le déchaînement barbare de la guerre chaude et son remplacement par l’équilibre menaçant d’une guerre « froide ». Aux États-Unis, les poètes cherchent anxieusement un langage pour renouer avec un monde déstabilisé : Allen Ginsberg fait du poème le cri de révolte d’une nouvelle génération perdue ; George Oppen revisite ses engagements communistes des années 1930 au prisme d’une géopoétique fracturée ; Jackson Mac Low tente d’inventer un poète pacifiste et anarchiste, renonçant radicalement à l’autorité auctoriale ; Alice Notley redessine le champ d’action du féminisme et le transforme en un humanisme global. Il s’agira dès lors, dans ce séminaire, de penser les formes diverses que peut prendre l’engagement poétique dans le contexte d’un monde à la lisibilité compromise.
Bibliographie
Allen Ginsberg, Howl and Other Poems [1959], City Lights Books, The Pocket Poets Series 4, 1992.
George Oppen, Of Being Numerous [1968] in New Collected Poems, Michael Davidson, éd., New Directions, 2002.
Jackson Mac Low, Representative Works : 1938-1985, Roof Books, 1986.
Alice Notley, The Descent of Alette, Penguin, 1996 (et peut-être : For the Ride, Penguin, 2020).

 

Proses américaines
Hélène Aji, Agnès Derail
Lundi, 14h00/16h00 ; salle U209 (29 rue d’Ulm)
Première séance le 17 janvier 2022.
Validation : essai ou exposé, 6 ECTS
Née de l’exil puritain, puis relatant la conquête territoriale et la colonisation du continent, la littérature américaine, s’écrivant dans la langue de la métropole anglaise, s’est forgée, dès avant l’indépendance de la nation, dans l’invention de genres autochtones susceptibles d’accueillir et de caractériser la singularité complexe d’une expérience historique et géographique inédite. Le séminaire se penchera sur quelques-unes de ces proses idiosyncrasiques à travers un choix d’exemples emblématiques qui jalonnent la maturation de la jeune nation : le récit de captivité (Rowlandson), l’essai transcendantaliste (Thoreau) l’autobiographie (James et Hejinian), l’essai historiographique (Williams), le manifeste poétique (Olson).
Bibliographie :
Mary Rowlandson, A Narrative of the Captivity and Restoration of Mrs. Mary Rowlandson [1682], Early American Writing, Penguin, 1994.
H. D. Thoreau, The Maine Woods [1864], Library of America, 1985.
Henry James, A Small Boy & Others [1913], Gibson Square Books, 2001.
William Carlos Williams, In the American Grain [1925], Penguin, 1989.
Charles Olson, Human Universe in Collected Prose, Donald Allen and Benjamin Friedlander, eds., University of California Press, 1997, pp. 155-166.
Lyn Hejinian, My Life, Green Integer, 2002, et My Life in the Nineties, Shark Books, 2003.

 

Cours de grammaire pour agrégatifs. Préparation à l’épreuve de linguistique du russe moderne
Olivier Azam

Lundi 13h00/15h00 ; bureau 16 

Slave commun, vieux slave, vieux russe. L’histoire complexe du russe littéraire moderne
Olivier Azam

Mercredi 16h00/18h00 ; bureau 16 

Les grands monuments de la littérature vieux-russe : lecture de textes et commentaire linguistique.
Cours de préparation à l’agrégation accessible à tout public suivant ou ayant suivi le séminaire « Slave commun, vieux slave, vieux russe ».
Olivier Azam

Lundi 15h00/17h00 ; bureau 16 

Thème russe
(préparation à l’agrégation)
Olivier Azam

 Jeudi 14h00/16h00 ; bureau 16

Préparation à l’épreuve de résumé-commentaire oral de l’agrégation
Référent : Olivier Azam. Enseignant à préciser

 

Dire encore et autrement. Lecture interprétative de Fadensonnen de Paul Celan (suite)
Bertrand Badiou et Jean-Pierre Lefebvre
Bureau AB118-119, couloir entre escaliers A et B, à côté de la salle des Résistants ; jeudi, 13h30-15h30
6 ECTS. Validation : participation régulière au séminaire, travail d’interprétation oral ou écrit d’un poème.

 

Moyen Âge ? Renaissances ? Perspectives hispaniques et européennes
Roland Béhar

 Mardi 09h00/11h00 ; salle CELAN ; 1ère séance le 21/09/2021

 

Modernismo y vanguardia en perspectiva transatlántica : literaturas hispánicas, 1888-1939 (II)
Eduardo Hernández Cano
Esta segunda parte continúa el panorama de la modernización de las literaturas hispánicas, centrándose ahora en la evolución de estas durante los años veinte y treinta, bajo la influencia de las vanguardias estéticas y políticas. Comenzaremos por abordar el diálogo entre ambos lados del Atlántico para la construcción de una poesía de vanguardia en castellano, así como las polémicas surgidas en ese proceso. Junto con la poesía, el ensayo fue el territorio de desarrollo por excelencia de la cultura moderna, a través de una floreciente cultura impresa —prensa periódica, pero también revistas culturales, que proliferaron en estos años— que fue vehículo para el seguimiento, la promoción y la reflexión sobre las nuevas ideas que circulaban tanto en Europa como América. Las nuevas tensiones sociales y políticas de la época de entreguerras dieron lugar a profundas transformaciones en las funciones de la literatura, que llevaron, en el caso de la prosa narrativa, a abandonar algunas de las convenciones comerciales para volver a mirar a las realidades sociales inmediatas de una vida urbana que comenzaba a transformarse. Una nueva narrativa social, próxima al género del reportaje, a través de la cual se incorporaron a la literatura, como veremos, también nuevas escritoras. Concluiremos con una aproximación a la producción literaria alrededor de la guerra de España, resultado de una movilización intelectual internacional en apoyo de la causa republicana, que vino de algún modo a confirmar la solidaridad lograda en este periodo tanto entre las literaturas hispánicas como entre estas y la literatura internacional.
Lecturas indicativas : Antología de la poesía de vanguardia (1920-1939) ; Antología de ensayos y crítica cultural (1920-1939) ; Roberto Artl, El juguete rabioso (1926) ; Rosa Arciniega, Mosko-Strom (1933) ; Luisa Carnés, Tea-Rooms (1934) ; Josep María Sagarra, Vida privada (1934) ; Antonio Machado, Juan de Mairena (1936-1939) ; César Vallejo, España, aparta de mí este cáliz (1937) ; Manuel Chaves Nogales, A sangre y fuego. Héroes, bestias y mártires de España (1937).
 

Mercredi 11h00/13h00 ; salle INFO 2 ; 1ère séance le 22/09/2021 

Literatura para una sociedad democrática : España, 1976-2020 (II)
Eduardo Hernández Cano
Esta segunda parte del curso estará centrada en la literatura de los últimos veinte años, con una particular atención a la novela más reciente. A través de las obras de autores y autoras trabajaremos cómo la ficción ha afrontado la crisis de legitimidad política y cultural que ha definido la vida pública española desde principios del siglo XXI. Partiendo de la puesta en cuestión del legado político y cultural de la Transición, analizaremos cómo la novela ha servido en las últimas décadas para pensar desde el impacto duradero del pasado reciente hasta los profundos efectos en la sociedad española de la crisis de 2008, así como las alternativas a las formas de vida previas que los más jóvenes han comenzado a afirmar, de las nuevas identidades de género al regreso a la vida rural. Los cambios temáticos y formales que han definido las novelas que vamos a estudiar se han producido además al mismo tiempo que la transformación de un mercado literario impactado por la proliferación de medios digitales, muy en especial por las redes sociales, y por la aparición de numerosos sellos editoriales independientes que han permitido dar espacio a nuevas voces en la vida literaria, cuestiones todas ellas que abordaremos también en esta clase. 
Bibliografía indicativa : Manuel Longares, Romanticismo (2001) ; Rafael Chirbes, Crematorio (2007) ; Isaac Rosa, La mano invisible (2011) ; Marta Sanz, Daniela Astor y la caja negra (2013) ; Cristina Morales, Terroristas modernos (2017) ; Santiago Lorenzo, Los asquerosos (2018) ; Ana Iris Simón, Feria (2020) ; Elisabeth Duval, Reina (2020) ;Andrea Abreu, Panza de Burro (2020) ; Juarma, Al final siempre ganan los monstruos (2021).

Jeudi 11h00/13h00 ; salle INFO 1 ; 1ère séance le 23/09/2021 

Poétiques de la Négritude
Dominique Combe

Jeudi 16h00/18h00 ; salle CELAN ; 1ère séance le 20/01/2022 

Littérature et philosophie :
Fable, poésie et philosophie selon La Fontaine
(J.-C. Darmon) / Yves Bonnefoy, poésie et philosophie (D. Combe)
Dominique Combe, Jean-Charles Darmon

Mercredi 16h00/18h00 ; salle CELAN ; 1ère séance le 19/01/2022 

Lire les pensées : la psychologie dans le roman (II)
Thomas Conrad
Mercredi, 14h00/16h00, salle CELAN. Première séance le mercredi 19 janvier 2022
6 ECTS. Validation par travail écrit (compte-rendu d’ouvrage critique / étude d’un texte).
Abordons le roman français du XIXe siècle non pas par son versant réaliste – cartographie balzacienne de l’univers social, enquêtes documentaires de Zola, représentation de l’Histoire – mais par la question de l’intériorité des personnages. « Ils n’en ont pas », aurait-on répondu sèchement il y a quelques décennies. Les lecteurs s’y intéressent pourtant, à cette intériorité factice : la raconter et l’analyser fut même le rôle du roman sentimental et du roman psychologique. Mais que veut dire, pour un romancier, s’intéresser à la « psychologie » de ses personnages ? Et y a-t-il d’ailleurs des romans qui ne soient pas en un sens ou un autre des romans « psychologiques » ? Et ne trouve-t-on pas de la psychologie même chez les auteurs qui s’y opposent le plus ? Pour débrouiller ces questions, on examinera trois moments où le roman psychologique et « anti-psychologique » s’opposent ou se croisent : 1° le moment romantique et réaliste (Benjamin Constant, Stendhal, Balzac) ; 2° le moment naturaliste (Zola, Bourget) ; 3° le moment formaliste (Robbe-Grillet, Sarraute, Duras, jusqu’au « retour du sujet » dont nous sommes contemporains).

 

Agrégation : Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand
Thomas Conrad

Mardi 08h30/10h30 ; salle CAVAILLES (en U207 les 23/11/2021 et 08/03/2022) ; 1ère séance le 21/09/2021 ; réservé aux agrégatifs.

Agrégation : préparation à l’explication de texte hors programme (réservé aux agrégatifs)
Thomas Conrad

 

Import-export des petites formes (France-Allemagne)
Mandana Covindassamy
Vendredi 9h00/11h00, salle CELAN. Premier cours : 21 janvier 2022.
Ce séminaire propose d’étudier le transfert des formes littéraires entre la France et l’Allemagne en se penchant sur les petites formes. Qu’il s’agisse du sonnet, de la nouvelle ou du « feuilleton » littéraire, ces textes littéraires brefs insérés dans la presse, leur évolution est le fruit de leur circulation dans l’espace européen. Ils subissent des inflexions notables dans le dialogue entre les espaces francophones et germanophones. Si ces formes sont d’abord exportées de la France vers l’Allemagne, elles reviennent, transformées, enrichir la production littéraire de langue française.

Le professeur Peter Utz, invité par l’EUR Translitterae, traitera de la circulation de la forme « feuilleton », dont il est spécialiste.
Validation : exposé et travail écrit.
Validation possible pour la mineure « cultures germaniques ».

 

Atelier de traduction allemand/français : récit de fiction
Mandana Covindassamy
Mardi 13h00/15h00, salle INFO 5. Premier cours : 18 janvier 2022.
Cet atelier de traduction aura pour horizon les possibilités d’interprétation de l’original par la traduction. Après la présentation de « Kleist in Thun » de Robert Walser, nous procéderons à la traduction du texte. Chaque étudiant produira sa propre traduction. En conclusion du séminaire, le Professeur Peter Utz, invité par l’EUR Translitterae, spécialiste de Robert Walser et de l’interprétation des textes littéraires, proposera une analyse comparative et contrastive des traductions littéraires en partant d’une hypothèse : l’analyse croisée de traductions multiples permet de découvrir l’original sous un nouveau jour. Marion Graf, traductrice de Robert Walser, participera à l’une de ces séances.
Validation possible pour la mineure « cultures germaniques ».

 

Séminaire « (D)Écrire le monde »
Mandana Covindassamy, Anca Dan, Georges Tolias
Séminaire de recherche DSA-Littérature et langages-PSL-Translitterae
Comment imaginer, décrire ou expliquer le monde ? De l’Antiquité jusqu’au XIXe siècle, les hommes ont envisagé des méthodes et des modes divers, empiriques ou rationnels, que nous nous proposons d’explorer dans ce séminaire, avec tous ceux qui se passionnent pour l’histoire des savoirs et des littératures. L’objectif premier est de permettre à tous une familiarisation avec les différentes représentations du monde, sous différents formats (texte oral, écrit ou inscrit, carte, globe, espace aménagé), susceptibles d’être transposés dans une création littéraire. Ces représentations seront discutées dans des perspectives transdisciplinaires et transnationales, par nos invités, littéraires et scientifiques, antiquisants, médiévistes et modernistes.
Vendredi 14h-17h par quinzaine, salle CELAN ; 1ère séance le 28/01/2022

 

Séminaire « Littérature et morale à l’âge classique » : formes littéraires et ressources de la pensée morale
Jean-Charles Darmon (USR République des savoirs/ CRRLPM), Emmanuel Bury (Université de Paris Sorbonne/ CELLF, membre associé du CRRLPM) et Charles-Olivier Stiker Metral (USR République des savoirs/CRRLPM)

Jeudi 16h00/18h00 ; salle U209 (29 rue d’Ulm) ; 1ère séance le 20/01/2022 

Fictions of Law and Custom : le littéraire et le légal dans quelques grands textes anglo-américains
(Shakespeare, Hawthorne, Melville, Twain…)
Agnès Derail
Jeudi 13h30-15h30 ; salle CONFERENCE (46 rue d’Ulm)
Première séance le 20/01/2022
Validation : essai ou exposé, 6 ECTS
Droit et littérature se croisent sur le terrain de la fiction. Comme on sait, le droit fait abondamment usage de la fictio legis, artifice technique manipulant la réalité en vue de produire un effet juridique. Ces effets produisent les règles, lois, coutumes et croyances qui régissent une société donnée. Ainsi l’esclavage en Amérique du Nord s’est fondé sur une de ces fictions légales alliant « race » et servitude. De son côté, la fiction en littérature, qu’il s’agisse d’affabulation avouée ou d’illusion réaliste, ne vise à susciter aucune croyance, ni à fonder aucun ordre social, mais peut à l’occasion faire apparaître comment le juridique repose sur une fiction qui souvent se dissimule comme telle. S’appuyant sur des œuvres dont l’argument fictionnel s’articule autour d’une représentation de la loi et/ou de sa transgression (procès, enquête, loi martiale, état d’urgence, rébellion), le séminaire examinera les rapports critiques que la littérature entretient avec le droit.
Corpus : Shakespeare, Hawthorne, Melville, Twain etc…

 

Le ḥumaynī yéménite : une pratique vivante de poésie courtoise chantée
Julien Dufour
Mercredi 13h-15h, Petite Salle ECLA, 1er cours 26 janvier.
Mode de validation : dossier de recherche à rendre.
Le ḥumaynī est un genre de poésie chantée citadine semi-savante pratiquée au Yémen jusqu’à aujourd’hui. Développant principalement des thèmes amoureux, il est héritier de la poésie strophique dite muwaššaḥ qui fleurit à partir du XIe siècle d’abord en Espagne musulmane puis dans tout le monde arabophone, presque dans le même temps où le monde roman développe, en parallèle, une lyrique troubadouresque ressemblante à bien des égards. Le ḥumaynī n’est pas resté inchangé à travers l’histoire, mais sa pratique est demeurée ininterrompue, et il nous donne l’occasion d’observer comment une société pratique un art poético-musical qu’on peut qualifier de courtois.

 

Cours d’initiation à la littérature médiévale. « Sauvagerie et courtoisie : la licorne et le lion au jardin des sens ».
Nathalie Koble
Jeudi, 10h30-12h30 ; salle U209 (en U207 le 10/03/2022) ; 1ère séance le 27/01/2022
6 ECTS. Validation : contrôle continu, et partage d’un dossier virtuel autour du bestiaire de l’amour courtois.
Qu’est-ce que la courtoisie, et son amour ? Peut-on être doux/douce et féroce, sauvage et courtois/courtoise ? Peut on aimer en temps d’épidémie (la peste noire) de guerre (la guerre de Cent Ans), au cœur des jeux de pouvoir ? Fictions et poésie courtoises, depuis le XIIe siècle, associent étroitement aimer et chanter. Au milieu du XIVe siècle, aux heures les plus sombres, cet art d’aimer continue de nourrir lectrices et lecteurs : dans le sillage du Roman de la rose, les récits courtois explorent la complexité des expériences affectives et mêlent le jeu (érotique, stylistique et formel), à l’éthique et au politique. Cette année, le séminaire prendra pour point de départ un roman du milieu du XIVe siècle, tout juste traduit chez Phébus, La Dame à la Licorne et le Beau Chevalier : conservé dans un manuscrit richement enluminé, ce roman propose une double éducation sentimentale et prend le parti pris du plaisir des sens, avant le célèbre cycle de tapisseries dont il est le lointain ancêtre. La dame et le chevalier y apprennent à concilier les contraires, pour cultiver leur « seul désir » et se donner dans le partage. Fiction, ou réalité ? Sublimation ou échange ? Le séminaire reviendra au cœur des questions que la fiction amoureuse entretient avec la vie.
NB : le cours est ouvert à tous les élèves et étudiants de l’ENS (y compris aux élèves de la Sélection internationale et aux pensionnaires étrangers intéressés), il fait aussi partie du Master cohabilité d’Etudes médiévales.

 

Résidence arlésienne de traduction poétique
Séminaire hors-les-murs au Collège international des traducteurs littéraires (Arles), organisé par le département Littératures et Langage et l’EUR Translitterae, en partenariat avec l’association ATLAS des traducteurs littéraires. 29 mai-4 juin 2022. 6 ECTS.
Le nombre de participants sera limité à 10.
Référents : Nathalie Koble, Roland Béhar
L’objectif de la « Résidence de traduction poétique ENS-PSL / ATLAS » est d’initier les participants à la traduction poétique, à partir d’un ensemble de textes d’un poète. Cette immersion d’une semaine permettra d’approfondir et de mettre à l’épreuve les acquis théoriques du séminaire « “Make it new !". Traduire la poésie (textes, histoires, théories) » en travaillant sur la poésie vivante, et en faisant l’expérience d’une traduction poétique collective avec des traducteurs professionnels.
En 2022, la langue proposée sera l’espagnol, autour de la poésie d’une poétesse madrilène contemporaine, Esther Ramón (née en 1970). Elle est l’auteure de plusieurs recueils poétiques : Tundra (Igitur, 2002), Reses (Trea, Premio Ojo Crítico, 2008), grisú (Trea, 2009), Sales (Amargord, 2011), Caza con hurones (Icaria, 2013) et Desfrío (Varasek, 2015). Ses poèmes ont été traduits en de multiples langues, depuis l’anglais et le français jusqu’au norvégien et à l’arabe.
La résidence de traduction sera confiée à Laurence Breysse-Chanet, ancienne AGPR d’espagnol à l’ENS (1988-1993) et aujourd’hui professeure à Sorbonne Université. Spécialiste de poésie espagnole contemporaine, elle a aussi traduit de nombreux poètes actuels : Amparo Amorós, Jaime Siles (publié aux Presses de l’École normale supérieure, coll. « Off-shore », 1990), Blanca Andreu, Luis Mizón ou encore Claudio Rodríguez (pour laquelle elle a reçu le Prix Nelly Sachs de Traduction 2010 de l’ATLAS (Association de Traducteurs Littéraires).
Les élèves et étudiants qui candidateront pour la résidence sont susceptibles de venir de tous les départements de l’ENS et des autres établissements de PSL. Les candidats retenus seront logés et nourris et auront accès à la bibliothèque du CITL (ouverte 24h/24h). Les cinq jours de travail se composeront de dix demi-journées de 3h, du lundi au vendredi. Le vendredi soir sera organisée une lecture publique des résultats au CITL.
Candidatures à adresser à Nathalie Koble (nathalie.koble@ens.fr), ou Roland Béhar (roland.behar@ens.fr)

 

Masterclass d’écriture littéraire
Référentes : Nathalie Koble, Déborah Lévy-Bertherat
Lundi, 16h00/18h00 ; salle CELAN ; 1ère séance le 17/01/2022. 6 ECTS. Validation : assiduité et participation active à l’atelier.

Cette formation à l’écriture littéraire, en partenariat avec Tranlitterae et sous l’égide de PSL, sera assurée, pour cinq séances chacun, par deux écrivains ; chacun d’eux invitera un autre écrivain pour une séance de « carte blanche ».
15 participants maximum, candidatures ouvertes jusqu’au 30 novembre aux élèves et étudiants de toute l’ENS et de PSL.

 

Séminaire de littérature comparée : Peaux de bêtes. Féminité et animalité dans les contes
Déborah Lévy-Bertherat
Mercredi 10h30/12h30 ; salle CELAN, hebdomadaire, 6 ECTS
Première séance le 19 janvier 2022
« Cachez-vous bien dans cette peau. / On ne croira jamais, tant elle est effroyable, / Qu’elle renferme rien de beau. » La peau d’âne revêtue par l’héroïne de Perrault est bien plus qu’un déguisement : elle exhibe autant qu’elle cache. À l’identité sociale féminine policée, la métamorphose substitue la sauvagerie inquiétante, les tabous du bas corporel, de la sexualité primordiale et de l’inceste. Quelle porosité ou quelle hybridité fascinantes la peau traduit-elle entre animalité et féminité ? Comment l’abjection et la violence composent-elles avec l’exemplarité morale de l’animal ? La fable éduque-t-elle à la soumission des corps ou célèbre-t-elle au contraire la puissance féminine ? On explorera plusieurs versions du conte – où les peaux sont d’ourse (Basile), d’âne (Perrault, Demy), de biche (D’Aulnoy), de cochon (Afanassiev), de phoque (conte inuit), de joncs (Jacobs), etc. – dans leurs dimensions esthétiques, anthropologiques, morales et politiques.
Séminaire ouvert en priorité aux élèves et étudiant·e·s de l’ENS, dans la limite des places disponibles.
Œuvres à lire :
• Basile, L’Orza / L’Ourse (Pentamerone, 1637)
• Perrault, Peau-d’âne (Contes en vers, 1694)
• D’Aulnoy, La Biche au bois (Contes nouveaux ou Les Fées à la mode, 1698)
• Grimm, Allerleirauh / Peaux-de-mille-bêtes (Contes de l’enfance et du foyer, 1819)
• Afanassiev, Свиной чехол/ Peau-de-cochon (Contes populaires russes, 1855-1863)
• Joseph Jacobs, Cap-o’-Rushes / Chaperon d’ajoncs (English Fairy Tales, 1892)
• Conte inuit la femme-phoque
• film Peau d’âne de Jacques Demy (1970)

 

Agrégation de Lettres modernes, littérature comparée : Fictions animales
Déborah Lévy-Bertherat

Jeudi 10h30/12h30 ; salle CAVAILLES (en U207 le 25/11/2021 puis en U209 le 10/03/2022) ; 1ère séance le 23/09/2021 

La figure et la voix du condamné dans la littérature italienne (XVIe-XIXe s.)
Pierre Musitelli
Mardi, 11h00/13h00, salle CELAN, hebdomadaire. À partir du 18 janvier 2021.
6 ECTS, validation par remise d’une commentaire donné en fin de semestre ou d’un mini-mémoire en relation avec la thématique du cours.
Il existe « une ancienne tradition qui fut systématiquement écartée et méconnue », écrit Foucault : la « pensée de l’infraction intrinsèque à l’infraction elle-même » (Dits et écrits, II). L’objet de ce cours sera justement de s’intéresser aux voix de celles et ceux qui n’ont pas eu droit de cité dans la littérature italienne de l’Ancien Régime jusqu’au lendemain de la Révolution, ou si peu : condamnés, prisonniers, réprouvés. C’est au siècle des Lumières que cette parole semble éclater au grand jour, lorsque Beccaria, dans son plaidoyer contre la peine de mort (Des délits et des peines, 1764), fait tenir à « un voleur ou un assassin » des propos cinglants contre l’injustice de la société qui l’a poussé au crime.
Pourtant, les propos de ce « scélérat », qui avaient scandalisé les censeurs, n’inaugurent pas en littérature la voix du condamné. Il existe en Italie une production poétique et narrative bien plus ancienne, quoique peu étudiée, une production florissante qui reflète l’appétit du public de l’Ancien Régime pour les histoires d’échafaud : lamentations poétiques, histoires romanesques, témoignages recueillis, littérature d’exempla... L’écrit fixe une mémoire, une leçon, une exemplarité macabre dont se servent les congrégations religieuses et le pouvoir politique pour légitimer le rite judiciaire de l’exécution publique. Mais il conviendra d’étudier la façon dont cette mémoire écrite évolue dans le temps, façonnant une certaine idée de la réalité pénale qui fut inspiratrice et matrice d’un nouvel humanisme juridique et pénal entre les 17e et 18e siècles, avant de déboucher dans la seconde moitié du siècle des Lumières sur l’émergence de la littérature de procés (pensons à Voltaire) et sur les plaidoyers abolitionnistes dont l’écho se prolongera au 19e siècle tant en littérature (Manzoni) que dans les Constitutions et Codes pénaux de l’Occident.
Nous parcourrons donc des textes de nature, provenance, genre, style et support variés, pour comprendre comment, au fil de siècle, la figure du condamné a trouvé sa « voix », à partir de quelles sources, et comment elle fait son entrée en littérature. Il s’agira ensuite de se demander si ce type production écrite épouse la seule perspective de l’autorité ou s’il s’y trouve un semblant de réflexion critique sur le droit de punir et sur ses modalités. L’enjeu de ce cheminement sera de mieux cerner le moment de rupture où se constitue la figure condamné comme personne juridique, dotée de droits, mais aussi d’une conscience et d’une autonomie de réflexion sur son propre destin.

 

Atelier de traduction littéraire (de l’italien vers le français)
Enseignant : Olivier Chiquet
Cours ouvert à tous les normaliens.
Jeudi, 18h-20h, salle CELAN ; 1ère séance le 20/01/2022

 

Approche linguistique et stylistique du texte littéraire « Flaubert au gueuloir, style et voix »
Anne-Marie Paillet
Mardi 14h00/16h00 ; salle CELAN ; 1ère séance le 18/01/2022
Validation (oral ou écrit) : 6 ECTS

Nos relirons les textes de Flaubert, pour définir le style d’un amoureux de la belle langue, et nous mettre à l’écoute, dans le prolongement du spectacle « Flaubert au gueuloir », de sa phrase, de cette prose musicale – une prose qui est aussi suspendue entre le « double abyme du lyrisme et du vulgaire », entre bêtise et rêverie, clichés et poésie somptueuse, drôlerie féroce et pathétique ; on découvrira des échos parfois surprenants entre des œuvres aussi différentes que Madame Bovary et Bouvard et Pécuchet.

 

Atelier Théâtre
Anne-Marie Paillet
Mardi 16h00/18h30, salle CELAN ; 1ère séance le 21/09/2021
Validation : de 3 à 6 ECTS par semestre
Ouvert à tous. Après le spectacle « Flaubert au gueuloir » (qui sera repris le 23 septembre 2021), ainsi que la mise en scène du Jeu de l’amour et du hasard, nous nous consacrerons cette année essentiellement à la mise en scène d’une pièce de Molière, pour son quatre-centième anniversaire. Vous pouvez aussi venir simplement donner corps et voix à vos textes préférés.

Autre anniversaire, le groupe théâtre fêtera cette année ses dix ans !

 

Séminaire Textyle (Groupe de recherches en stylistique) : « Lectures sur le fil », présentation de l’actualité littéraire
Anne-Marie Paillet
Vendredi 14h-16h
S1 et S2 – validation 6 ECTS (lecture d’un des livres présentés)
Nous rejoindrons cette année, une fois par mois, les séances organisées par Cécile Narjoux à la Sorbonne. A chaque séance seront présentées deux sorties littéraires de l’année, par des spécialistes en stylistique. Leur communication sera suivie d’un débat avec les participants.
Places limitées, sur inscription : paillet.anne-marie@wanadoo.fr (salle à préciser).

 

Heinrich von Kleist : Erzählungen / Récits
Urs Urban
Vendredi 11h00/13h00, salle CELAN ; 1ère séance le 21/01/2022
« Marginal exemplaire », Heinrich von Kleist (1777-1811) est devenu, en deçà du classicisme et du romantisme, un « classique » de la littérature allemande. Sa vie a été dominée par un sentiment profond de non-appartenance existentiel qui marque aussi son œuvre, vouée en grande partie à des individus en conflit avec la société et prêts à mettre en jeu jusqu’à leurs vies pour regagner la liberté. Difficile à situer dans le champ littéraire de son temps, l’œuvre de Kleist a pu être mobilisée à des fins politiques très diverses, aussi bien par les nationaux-socialistes – qui croyaient pouvoir y trouver des guerriers exemplaires – que, plus tard, par les intellectuels de la RDA, qui se sont facilement reconnus dans des individus dépourvus de toute liberté, et forcés à se révolter contre un ordre social corrodant toute énergie vitale.
Le séminaire propose une relecture des récits, publiés peu avant le suicide spectaculaire de l’auteur. On s’intéressera, outre à la biographie de Kleist et aux conditions historiques du dicible sous lesquelles ses textes prirent forme, aux problématiques liées à l’histoire de la poétique des genres dans laquelle s’inscrivent les récits, ainsi qu’à l’histoire de leur réception politique et littéraire (Kleist-Preis-Reden). Nous aborderons enfin les thématiques des recherches kleistiennes actuelles (Kleist-Jahrbücher).
Bibliographie :
Heinrich von Kleist : Erzählungen. Studienausgabe. Stuttgart (Reclam) 2013 (378 p.)
Heinrich von Kleist : Récits. Œuvres complètes, t. 2. Traduit et édité par Pierre Deshusses. (Gallimard : Le Promeneur) 2000 (304 p.)
Le séminaire se tiendra en allemand. Si vous souhaitez suivre ce cours, merci de contacter l’enseignant avant le 20 septembre (urs.urban@googlemail.com).