Motion du département Littératures et langage au sujet de la LPPR

, par Pierre Musitelli

Motion du département Littératures et langage au sujet de la LPPR
 
 
Le conseil du département « Littératures et Langage » de l’Ecole normale supérieure tient à manifester son inquiétude la plus vive à la lecture des rapports préalables au futur projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Nous nous opposons notamment aux orientations suivantes :
• la remise en cause du statut des enseignant.e.s-chercheur.e.s avec la suppression de la clause d’accord des interessé.e.s pour la modulation des services et la disparition de la référence aux 192 heures (équivalent TD) ;
• la suppression de la procédure de qualification par le CNU ;
• l’amplification croissante de la contractualisation dans l’Enseignement supérieur et la recherche pour toutes les catégories de personnels, qui ne peut que favoriser dans bien des cas une précarisation des emplois ;
• la volonté de privilégier de manière disproportionnée les financements sur projets alors que les budgets pérennes sont le plus souvent insuffisants ;
• l’incitation de plus en plus forte à articuler la recherche à des priorités nationales prédéfinies au détriment des libertés académiques les plus fondamentales.

Il importe au plus haut point d’être vigilants quant aux conséquences globales de telles propositions : si elles devaient acquérir force de loi, elles conduiraient à une remise en cause délétère du statut d’enseignants.e-chercheur.e. et auraient, à n’en pas douter, des répercussions négatives sur la qualité de la formation qu’ils dispensent et sur celle des recherches qu’ils développent. »
 
La motion est approuvée à l’unanimité par le conseil de département réuni le 6 février 2020.